Manifeste territorialiste
Le présent texte s’inscrit dans la continuité de plusieurs articles, qu’AOC m’a fait le plaisir de publier depuis des années. Le dernier, paru le 31 mars, s’intitulait « Rassemblement territorial ! ». Aujourd’hui, je ne cherche pas tant à prolonger quelques réflexions philosophiques qu’à lancer un appel à de nombreux auteurs qui contribuent également à AOC et dont je partage régulièrement les analyses, sur des thèmes d’ailleurs très variables, de l’écologie à la dette publique, en passant par l’IA, le droit, la géopolitique, la politique, et j’en oublie.

Je suis souvent frappé, à la faveur de ces lectures, du décalage qui apparaît entre la pertinence des analyses, des réflexions, des critiques et les perspectives pratiques qu’elles souhaitent parfois ouvrir. Tout en mettant en évidence des concepts « dont nous avons finalement besoin » ou bien en finissant par dire « ce qu’il nous faut absolument faire », bon nombre de ces textes donnent toutefois l’impression de ne pas dépasser les limites d’une « pratique de la théorie », laquelle peut bien convenir à des lecteurs comme j’en suis, mais ne peut prétendre jouer un rôle effectif dans les pans de réalité sociale qu’elle aborde et certainement encore moins changer « l’état du monde » qui fait l’objet de ses jugements.
Je ne crois pas que ce constat soit imputable à un déficit de réflexion sur le rôle des intellectuels dans la société ni qu’il faille relancer le questionnement, si habituel au siècle dernier, sur les enjeux pratiques de la théorie. Ce constat doit simplement nous inciter à nous demander : suffit-il désormais d’être d’accord avec ce que nous lisons ? Suffit-il désormais d’acquiescer à des propositions théoriques, et aux perspectives pratiques qu’elles sont en mesure de définir ? La réponse est immédiatement négative, non en raison du contenu propre aux textes qui sont publiés, mais en raison de la situation actuelle dont ils soulignent les multiples aspects inquiétants.
Il est évident, par exemp
