Droit à l’aide à mourir ou le capitalisme à son comble
Médecin généraliste depuis 1984 après avoir travaillé pendant de nombreuses années dans un service de réanimation, j’ai vécu cette période grise de non-dits, d’interdits, pendant laquelle soignants, patients, familles, se retrouvaient confrontés à des situations très difficiles. Puis la mise en place des équipes et des services de soins palliatifs a largement amélioré la fin de vie de très nombreux patients, mais la dégradation du système de santé liée à des diktats économiques totalement déconnectés de la réalité a entraîné la situation actuelle, où nombre de patients n’ont pas accès à ces soins qui leur seraient indispensables.

Et, au lieu de tout faire pour que les soins palliatifs soient réellement accessibles à tous sur l’ensemble du territoire, Emmanuel Macron met en avant le « droit de mourir dans la dignité ». Quand clairement, vivre dans la dignité ne fait pas partie de son programme. Et pendant toute la discussion autour de cette loi, les patients présentant un handicap, les patients antivalidistes, ont tenté – en étant rarement écoutés – d’alerter sur les conséquences prévisibles d’une telle loi présentée comme une alternative libertaire pour les personnes en bonne santé, qui voudraient « choisir » leur mort.
Comme le dit Odile Maurin, autiste, en fauteuil roulant électrique et élue municipale à Toulouse : « Plutôt que garantir les droits à une vie digne, les députés sont en train de faciliter l’accès à la mort pour les personnes handicapées… Le système d’aide aux personnes handicapées s’effondre, comme le système de soins, et nous subissons une vraie maltraitance institutionnelle… Quand on vit en tension permanente sans soutien, ce n’est pas un choix de mourir. Il faut cesser de présenter comme un choix ce qui peut n’être que la conséquence logique d’un système qui nous broie. Cette loi, ce n’est pas une avancée. C’est une trappe, une trappe qu’on ouvre sous les pieds des personnes handicapées et précaires et moi, je refuse qu’on ose appeler ça
