Les Balkans, miroir d’une Europe empêchée
Il existe une très bonne raison d’accueillir le plus tôt possible les pays des Balkans occidentaux au sein de l’Union européenne.
Il existe une très bonne raison de ne jamais le faire, en aucun cas.
Il existe un moyen de résoudre cette contradiction fondamentale. Cette solution serait tout à fait logique.
Cette option est pratiquement irréalisable pour des raisons tout à fait logiques.

À première vue, l’UE a affiché une position ambivalente lors de tous les sommets de l’UE-Balkans occidentaux de ces dernières années : l’UE réaffirme son engagement en faveur de l’élargissement aux pays des Balkans occidentaux, mais se montre incapable de fixer un calendrier (octobre 2021) ; les pays des Balkans occidentaux devraient rejoindre l’UE le plus tôt possible, en insistant non pas sur « le plus tôt » mais sur « possible » (novembre 2022) ; la Commission européenne se félicite de la nouvelle dynamique et de l’élan retrouvé dans les négociations, mais il ne saurait y avoir de décisions hâtives (décembre 2024) ; les Balkans occidentaux font bien sûr partie de la famille européenne, mais il reste encore de nombreuses étapes à franchir dans le processus d’adhésion à l’UE (octobre 2025).
Il existe une très bonne raison d’accueillir le plus tôt possible les pays des Balkans occidentaux au sein de l’Union européenne. Cette raison, c’est la paix. Je vous rappelle la crise des Balkans de 1875-1878, qui a finalement conduit aux guerres balkaniques de 1912-1913, qui selon moi ne constituent pas un prélude à la première guerre mondiale mais plutôt son point de départ. Les mouvements nationalistes naissants cherchaient à faire voler en éclats les empires multiethniques et multiculturels de la vieille Europe (d’où l’utilisation de l’expression « poudrière » pour désigner les Balkans) afin d’établir des États-nations fondés sur des critères ethniques. Ceux-ci se sont ensuite livrés à des conflits brutaux pour le contrôle des territoires, ont persécuté les minorités au sein de leur
