La guerre à la jeunesse et la Grande Division scolaire
De mémoire d’enseignant et d’observateur du monde scolaire en France, je n’avais jamais vu s’exercer sur un mouvement protestataire de la jeunesse un tel degré de répression policière, une telle volonté de terroriser de jeunes lycéens ou collégiens, de les violenter, de les insulter, de les humilier.

Les images et les récits d’élèves interpellés et frappés sont glaçants. Les enseignants et les parents en témoignent également. 5 000 arrestations : sinistre record ! Jamais il n’y avait eu autant de milliers de lycéens interpellés menottes aux mains, enfermés dans les commissariats, présentés aux juges pour enfants.
Le plus étrange, c’est qu’il a été beaucoup question en France ces derniers mois des violences faites aux enfants et aux jeunes dans les familles incestueuses, dans les institutions religieuses, d’enseignement, dans les écoles primaires où ont sévi des pédophiles. Une loi dite « intégrale » est même en discussion pour protéger les femmes, les enfants et les adolescents. Et que voit-on en même temps, sur une autre scène ? Des policiers, parfois en civil ou bien en équipement quasi militaire, insulter, frapper, arrêter des jeunes. Le gouvernement et sa police savent-ils ce qu’ils font ? Oui ils le savent. Ils mènent une véritable guerre à des enfants et des adolescents pour leur apprendre que là où est la force là est le seul pouvoir qui compte.
Le choix politique de la violence
Ce ne sont pas des « bavures » isolées de policiers radicalisés, mais une politique délibérée. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez l’a parfaitement expliqué vendredi 2 octobre sur TF1 : « Il n’y a aucune consigne de retenue et aucune consigne de ne pas utiliser tout l’armement à disposition des forces de sécurité intérieure. » Autrement dit, tous les moyens « sub-létaux » peuvent être employés, non seulement les matraques et les gaz lacrymogènes, mais les tirs de balle en caoutchouc (LBD) dont les dégâts sont déjà dramatiques et considérables (œil crevé d’un jeune de 14
