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Social

Grèves : l’improbable convergence des luttes

Historien

La multiplication des mobilisations sociales ravive l’idée d’une possible « convergence des luttes ». Un imaginaire hérité de mai 68, auquel renvoie sans doute la journée de mobilisation des fonctionnaires et des cheminots organisée un 22 mars. Pourtant, à regarder l’état du syndicalisme aujourd’hui, on voit à quel point les temps ont changé, à quel point l’atomisation du monde du travail rend cette convergence improbable.

Sans conteste, l’expression des mécontentements sociaux gagne du terrain et le calendrier des luttes du printemps s’épaissit. Le 15 mars, les personnels des EHPAD ont réaffirmé leurs revendications, alors que les retraités exprimaient au même moment, dans la rue, leur grogne face à l’augmentation de la CSG. Le 22 mars, les fonctionnaires mènent une nouvelle journée d’action. Le même jour, une manifestation, probablement d’ampleur, est programmée par les syndicats de cheminots. Chez Hop!, la filiale à bas coût d’Air France, une partie des pilotes seront alors en grève, rejoints le lendemain par les salariés de la maison mère. Ces derniers prévoient de renouveler leur mobilisation le 30 mars, à la veille des arrêts de travail appelés chez Carrefour. Et le 3 avril, les cheminots entament leur grève d’usure.

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Stéphane Sirot

Historien, Professeur d’histoire politique et sociale du XXe siècle à l’Université de Cergy-Pontoise