A Analyse

Éducation

Sélection à l’université : idées fausses et convergences inattendues

Sociologue

En août dernier, le président Macron n’hésitait pas à déclarer que « l’Université n’est pas la solution pour tout le monde ». Quelques mois plus tard, alors que la réforme Parcoursup et la loi ORE sont à l’origine d’un mouvement étudiant grandissant et du boycott annoncé par les enseignants, il apparaît plus que jamais nécessaire de mettre en doute les idées reçues sur le bienfondé et les supposés bienfaits de la sélection à l’entrée de l’université.

Le débat public sur l’enseignement supérieur est en France dominé de longue date par la question de la sélection à l’université, de ses supposés « non-dits » et « tabous » qui bloqueraient les réformes nécessaires à la modernisation d’un système jugé à bout de souffle, inadapté aux enjeux de l’époque, générateur d’échecs, de frustrations et de gaspillages. À cet égard, il ne fait aucun doute que la loi relative à l’orientation et la réussite des étudiants (ORE) constitue une rupture dans l’histoire contemporaine des politiques scolaires et universitaires françaises, puisque pour la première fois depuis quarante ans, il semble être assumé que la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur ne soit plus un objectif prioritaire.

Publicité

Beaucoup a été dit sur l’impréparation de cette réforme, sur les difficultés prévisibles des procédures d’évaluation des fameux « prérequis » à l’inscription en première année mises en place dans la précipitation dans des universités dont on voit mal comment les personnels pourraient, dans l’urgence et sans moyens spécifiqu...

Philippe Coulangeon

Sociologue, Directeur de recherche au CNRS - Observatoire Sociologique du Changement (Sciences Po)