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International

En Syrie, le régime de la violence sans fin

Politiste

Pourquoi Bachar Al-Assad mène-t-il, depuis 2011, une guerre contre son propre peuple ? Par ce déchainement de violence, le dictateur s’érige en « maître » éternel de la Syrie et du Moyen-Orient. Il ne pille, ne déporte, n’emprisonne, ne torture, n’affame et ne viole pas tout le monde mais suffisamment pour que les rescapés portent l’empreinte de son pouvoir absolu.

Depuis le coup d’état militaire de Hafez Al-Assad en Syrie en 1970, la violence a été la politique constante et soigneusement dosée de son régime. De l’état d’urgence interdisant toute activité politique et citoyenne qu’il a instauré, aux campagnes d’arrestations, de torture et d’assassinats visant les opposants de tout bord, à la multiplication des services de renseignement semant la terreur, au recrutement massif des jeunes ruraux issus de la communauté alaouite dans l’armée, jusqu’au culte de la personnalité cherchant à imposer une soumission et une obéissance à toute la société, Assad père a minutieusement construit et imposé son pouvoir dans le pays.

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Son recours à la violence inouïe lui a permis d’anéantir graduellement toute opposition en Syrie. Et sa politique régionale mise en place suite à l’invasion armée du Liban voisin en 1976, son instrumentalisation de la cause palestinienne, puis son alliance avec l’Iran Khoumeiniste en 1980, l’ont transformé en acteur incontournable dans le Moyen-Orient. Ainsi le massacre commis par ses services dans la...

Ziad Majed

Politiste, Professeur à l’université américaine de Paris