Patrick Kéchichian

Critique littéraire, Écrivain

Né en 1951 à Paris, Patrick Kéchichian est critique littéraire – jusqu’en 2008 au Monde, ensuite à La Croix et dans plusieurs magazines et revues. Écrivain, il a publié quatre livres au Seuil, dans la collection « Fiction & Cie» : Les Usages de l’éternité. Essai sur Ernest Hello (1993) ; Les Origines de l’alpinisme. Exercices spirituels (2001) ; L’Aiguille de minuit, Carnets de l’Alpiniste (2004) ; Des princes et des principautés, Pamphlet (2006). Et chez Desclée de Brouwer, avec S. Breton et P. Morel, La Conversion de saint Paul (2001). Chez Gallimard, il a publié en 2009 un Petit éloge du catholicisme (« Folio ») et en 2011, dans la collection « L’un et l’autre », Paulhan et son contraire. En 2012, il a fait paraître un Saint Paul, le génie du christianisme (« Point-Sagesses », Le Seuil). Enfin, en avril 2017, il a publié, chez Ad Solem, un bref récit : La Défaveur.

 

Ses publications sur AOC

mardi 20.10.20

Critique

Anatomie des corps errants – sur Mes fous de Jean-Pierre Martin

par

Récit construit sur une dramaturgie minimale, Mes fous n’est pas vraiment un roman : c’est une anatomie – une anatomie des « corps errants ». À travers le narrateur, nommé Sandor, Jean-Pierre Martin étudie les multiples visages de la folie, omniprésente, que ce soit à la ville ou à la campagne. Mais, loin d’avoir la froideur scientifique, l’écriture révèle une grande empathie, l’auteur se faisant moins psychanalyste qu’infirmier. Ainsi, il esquisse un nouveau rapport au monde, une « solidarité d’affliction ».

vendredi 11.09.20

Critique

« Écrire fonde un nouveau royaume… » – sur L’Homme aux trois lettres de Pascal Quignard

par

Onzième volume du « Dernier royaume », L’Homme aux trois lettres parle de littérature, épelle, décortique la notion, cherche d’où elle vient, de quoi elle se compose, où elle mène et entraîne. Non pas cette littérature enfermée dans les histoires et les généalogies, les écoles, les tendances et les genres, mais celle qui s’écrit à vif, sur le motif en quelque sorte, par fragments, essais et digressions. « La littérature, est-il affirmé, fonctionne par ricochet dans les âges. » Mais avant tout, selon Quignard, l’écrivain ne peut rester sourd aux autres voix. Une disponibilité sans limite, et même une « oisiveté étrange », sont requises.

jeudi 05.03.20
lundi 25.11.19

Critique

Les sentiers de l’inquiétude – à propos d’Icebergs de Tanguy Viel

par

Les Icebergs de Tanguy Viel sont un pas de côté, l’écart d’un auteur qui flâne et se laisse aller, rêveur, dans les méandres des mots des autres. L’homme qui lit et écrit – tout à la fois – déambule ainsi et observe, promenant les formes que dessine son écriture, l’œuvre la plus accomplie étant toujours le récit du chemin qu’elle parcourt. La partie immergée de l’iceberg est cette fragilité inquiète : la distraction vagabonde de celui qui sait que dire est toujours redire, mais qu’il y a, chaque fois, dans cette redite, la beauté de dire, encore, une première fois.

jeudi 26.09.19

Critique

Tomber en littérature – sur Débuter, comment c’est de Bertrand Leclair

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Revenir aux commencements, à l’étincelle qui déclenche l’incendie de la création littéraire. C’est l’obsession de Bertrand Leclair, qui partage et s’interroge sur l’art et la manière d’entrer en littérature dans Débuter, comment c’est. Qu’on ne s’attende pas ici à l’exposé d’une conception distanciée ou doctorale de la chose littéraire : l’auteur puise avant tout dans son expérience de romancier, de lecteur, de passeur et par cela, nous révèle les chemins de traverse que l’écrivain peut emprunter.