A Analyse

Gilets Jaunes et Bitcoin mêmes combats ?

Philosophe

Aperçue au dos d’un gilet jaune, la surprenante injonction à acheter du bitcoin, invite à constater les points de convergence entre le jeune mouvement et la monnaie numérique : même défiance envers les élites, même critique de l’opacité de la démocratie représentative, même projet d’auto-organisation citoyenne décentralisée. Étant tous deux porteurs de contestation, ils invitent à se demander où se trouvent les nouveaux terrains de lutte politique. Se seraient-il déplacés des cabinets ministériels vers les banques centrales ?

Une photo de l’acte IX peut-être. Sur le dos d’un « gilet jaune », une inscription au feutre noir comme on a pris l’habitude d’en voir, mais à la place de « Macron démission », elle laisse lire : « Buy Bitcoin ». On peut s’étonner que ce qui s’apparente pour certains à un instrument de spéculation financière se retrouve dans une manifestation en faveur du pouvoir d’achat. Bitcoin et les « gilets jaunes » ont pourtant bien des points communs. Ils partagent la même défiance : envers les élites politiques ici, financières là.

Rappelons que Bitcoin est une monnaie numérique dotée d’un algorithme de vérification lui permettant de se passer de tout intermédiaire bancaire et qu’il a été créé en 2009, après la crise des subprimes, pour protester contre l’incurie des grands argentiers de la planète. Cypherpunks et partisans du RIC critiquent la même opacité de la démocratie représentative ou du système monétaire international. Ils revendiquent la même forme d’auto-organisation citoyenne décentralisée, sans d’ailleurs qu’on sache toujours s’ils penchent du côté d’un anarchisme de gauche, proche du ...

Mark Alizart

Philosophe