A Analyse

International

Une autre face de la République islamique d’Iran

Anthropologue

Politique et sociale, plutôt que religieuse, la révolution de 1979 a débouché en Iran sur l’instauration d’une République islamique. Reposant simultanément sur la légitimité du suffrage universel et sur la légitimité islamique, elle a pourtant rapidement fait prévaloir la raison d’État. Dépeindre la République islamique d’Iran au prisme des relations entre sphères publique et privée, profondément transformées par la révolution et l’institutionnalisation du régime, permet de dresser le portrait kaléidoscopique d’un régime quadragénaire dont on a déjà maintes fois prédit la fin prochaine.

Levons tout de suite une équivoque. Contrairement à ce qu’on entend ici ou là, ces jours-ci, l’Iran ne fête pas le quarantième anniversaire de la « révolution islamique », car la révolution de 1979, n’était pas « islamique », ou pas seulement « islamique ». Comme toutes les vraies et grandes révolutions, elle a rassemblé des acteurs et des revendications disparates, sinon contradictoires. Ce n’est que dans un deuxième temps, à la faveur de la guerre imposée par l’Irak, en 1980, qu’une partie, et une partie seulement, de ces courants islamiques, à savoir les khomeynistes, se sont emparés du pouvoir et ont écrasé ou écarté les autres composantes de la mobilisation, y compris certains courants islamiques, tels que les Moudjahidin du peuple, le Mouvement national de libération, le grand ayatollah Shariatmadari, et la plupart des « sources d’imitation » de Nadjaf, en Irak.

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La prise en otage des diplom...

Fariba Adelkhah

Anthropologue, Directrice de recherche à Sciences Po-CERI