Le collège par en bas : les adjoint·es techniques
De la promesse de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 du « non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux » à celle de Bruno Retailleau qui prévoit d’en supprimer « au moins » 200 000 s’il est élu en 2027, depuis plus d’une vingtaine d’années à présent, la réduction du nombre de fonctionnaires occupe une place centrale dans l’agenda politique – et plus particulièrement dans les discours des partis du centre et de la droite[1]. C’est avant tout la préoccupation budgétaire qui est mise en avant : les fonctionnaires coûteraient trop cher.

Dans ce contexte de restrictions budgétaires et de réduction du nombre de fonctionnaires, les collectivités territoriales – dont les effectifs n’ont cessé d’augmenter depuis les années 1980 – sont invitées à rationaliser leurs budgets en intervenant notamment sur la gestion de l’emploi public[2]. Dès lors, on assiste dans plusieurs départements français à la mise en place de projets de privatisation et d’externalisation des services de restauration et de nettoyage au sein des collèges[3], impliquant la mise à disposition et le détachement, vers des entreprises mixtes et/ou privées, du personnel de service – ou ATTEE (adjoint·es techniques et territoriaux des établissements d’enseignement).
L’externalisation d’une partie des tâches réalisées quotidiennement par les agent·es de service des collèges (le nettoyage des locaux, la préparation du self, le conditionnement des repas, le service de cantine) est alors justifiée, par les départements, par la promesse d’une « amélioration de service », d’une optimisation des coûts comme de la poursuite de l’intérêt général. L’argumentaire politique derrière ce choix, celui d’une privatisation partielle d’un service public, traduit l’orientation actuelle des collectivités territoriales : comment réduire et optimiser les coûts tout en conservant et en améliorant la qualité du service ? L’exigence de « qualité » est à interpréter ici comme l’argument de façade permettant de rendre la recherch
