Les violences de l’inclusion scolaire
Ces dernières années, que ça soit en France ou en Suisse romande, la scolarisation des enfants en situation de handicap en école ordinaire essuie de nombreuses critiques. Il convient de préciser que ce n’est jamais l’inclusion scolaire en elle-même qui est condamnée au travers des médias (Le Monde, Blast, Le Courrier, La Tribune de Genève) mais les conditions pratiques de sa mise en œuvre le plus souvent sous l’angle du manque de moyens financiers et humains.

Si la question des ressources nécessaires à une inclusion scolaire réussie est bien entendu légitime, son omniprésence dans les débats masque la manière dont ce déficit mène à des opérations d’arbitrage (quels enfants peuvent être inclus ?) qui produisent des inégalités sociales d’accès à l’école ordinaire.
Avant d’analyser comment se fabriquent ces inégalités, il convient d’emblée de préciser que l’ambition inclusive des politiques ne correspond pas à celle de nombreux.euses chercheur.euses et/ou militant.es engagé.es dans la défense du droit pour les enfants en situation de handicap à fréquenter l’établissement scolaire de leur lieu d’habitation. Pour ces dernier.ères, ce serait au système scolaire de transformer en profondeur afin d’être en mesure de pouvoir accueillir tous les enfants quels que soient leurs besoins et non aux enfants de se conformer à l’institution et à son fonctionnement pour gagner le droit d’y être admis. Autrement dit, on fermerait toutes les structures spécialisées séparées de l’école ordinaire afin de mettre un terme à la ségrégation exercée à l’endroit des enfants en situation de handicap. La radicalité d’une telle conception de l’inclusion scolaire s’est perdue dans les couloirs des instances politiques.
Que ce soit à l’échelle internationale avec la Déclaration de Salamanque rédigée en 1994 et considérée encore aujourd’hui comme un texte de référence puis dans ses traductions nationales voire cantonales pour la Suisse, la scolarisation des enfants en situation de handicap
