C Critique

Littérature

Chère Annie Le Brun

Écrivain

En plaçant, livre après livre, la philosophie dans le boudoir, la spécialiste de Sade, Annie Lebrun se trouve conduite à employer un « je » qu’on aurait tort d’assimiler trop vite à l’expression d’opinions individuelles. Ce qui incite ses lecteurs – en l’espèce le romancier Stéphane Audeguy – à lui répondre, à son tour, à la première personne à propos de son nouvel essai Ce qui n’a pas de prix.

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Chère Annie Le Brun,

Pourquoi choisir la forme de la lettre ouverte pour inviter à lire Ce qui n’a pas de prix, votre essai le plus récent ? Sans doute parce que nous nous connaissons depuis quelques années – et d’abord par l’intermédiaire de nos livres. Ensuite parce qu’au travers de tous vos essais, vous instaurez entre les actes de penser et de désirer ce rapport organique que vous avez su identifier comme la marque du génie de Sade. Or en plaçant la philosophie dans le boudoir, vous êtes conduite à employer un je qu’on aurait tort d’assimiler trop vite à l’expression d’opinions individuelles ; ce qui incite votre lecteur à vous répondre, à son tour, à la première personne (comme dit la grammaire). Tant il est vrai qu’un bon livre ne s’adresse pas à tout le monde, ni même à chacun, ...

Stéphane Audeguy

Écrivain