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Cinéma

Pierre Sauvage, la caméra obstinée 

Critique

Loin des conflits mémoriels autour de la Shoah, le documentariste Pierre Sauvage a écrit une œuvre à la première personne. Puisant dans sa mémoire familiale, son cinéma se nourrit de son héritage juif et de ses traumatismes. Mais le devoir de mémoire, si souvent sclérosant, ne l’empêche pas de construire une œuvre minutieuse et patiente, qui laisse toute leur place au détail et au temps long.

Le dernier documentaire achevé de Pierre Sauvage s’ouvre sur une citation d’Albert Camus : « Qui répondrait en ce monde à la terrible obstination du crime, si ce n’est l’obstination du témoignage ? ». Pas sans rien faire : Peter Bergson, les États-Unis et la Shoah fait le portrait de l’homme palestinien et sioniste qui a essayé de secouer l’opinion publique américaine pour pousser Roosevelt à enrayer la destruction des Juifs d’Europe, de 1942 à 1944.

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Primé pour ce dernier opus au Festival du film juif de Toronto, le cinéaste a encore deux autres films inédits en France : Nous étions là : des chrétiens face à la Shoah (2018), un film en deux parties comprenant notamment le portrait de quatre jus...

Yaël Hirsch

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