C Critique

Danse

Être sauvage – sur White dog de Latifa Laâbissi

Critique d'art

A qui les signes appartiennent-ils ? C’est la question que pose Latifa Laâbissi, elle qui fait dans White dog le pari de leur exacerbation, jonglant avec les représentations imposées pour les mener à bout et en épuiser le sens. La scène, sous son commandement, se métamorphose : elle devient le refuge des marrons d’autrefois. Et au sein de cette jungle-forêt, zone d’expérimentation, se dessine la figure d’une contre-société ; par leurs gestes, de leurs danses, dans leur indiscipline et leurs transformations, les corps créent, et en créant s’émancipent.

White dog, l’obscurité est totale. Une matière opaque et sombre dont on ignore encore ce qui peut en surgir. Le temps du spectacle, métaphorique, se pose sans rien pour le heurter, une pensée nocturne, paisible et inquiétante, à laquelle le regard doit s’habituer.

publicité

White dog, une forêt émerge de cette obscurité quasi-originelle, une jungle, immobile, artificielle, d’un autre monde, agencée de lianes jaunes fluorescentes qui en constituent la matrice. Il n’y aucune naturalité dans ce paysage. Cette forêt, cette jungle futuriste, est celle d’une géographie impossible à situer et pourtant étrangement familière. Tout va prendre forme depuis ce monde qui diffuse une promesse virgi...

Alexandra Baudelot

Critique d'art, Commissaire d'exposition et éditrice