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Littérature

Unhappy ending – sur Le tiers temps de Maylis Besserie

Critique

Confiné dans la maison de retraite où il va mourir, le Tiers-Temps, Samuel Beckett se regarde lentement vieillir, en écrivant sa dernière œuvre. C’est le sujet du premier roman de Maylis Besserie, Le Tiers Temps. Entre les souvenirs, les réflexions littéraires et les descriptions d’un corps perçu comme inutile, s’intercalent les notes médicales et les commentaires sur la vie des pensionnaires, qui nous invitent à poser un regard nouveau sur la vieillesse, la mort, la création.

Les vieillards sont-ils encore des hommes ? Quand cesse-t-on d’être une personne pour devenir une personne âgée ? La question se pose, à voir la façon dont nous traitons parfois nos anciens – parqués, oubliés, infantilisés… Quant à nos grands hommes : où passe leur grandeur lorsque le corps les rattrape, et que le vieillissement, avec sa cohorte de misères, les ravale au rang de la commune humanité dans ce qu’elle a de moins glorieux ?

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C’est l’un des sujets auxquels se confronte le roman de Maylis Besserie en imaginant la fin de Samuel Beckett. Confiné dans la maison de retraite parisienne où il a passé ses derniers mois, Le Tiers-Temps, avant sa mort en décembre 1989, l’écrivain n’a pourtant rien perdu de son mordant : « En cas d’enquiquinement, la seule véritable arme du vieux est de mourir ou de procéder à une riposte passive. » Dans cette « résidence de standing à taille humaine » (comme le précise aujourd’hui encore le site Internet d...

Sophie Bogaert

Critique , Éditrice