C Critique

(Re)voir au temps du confinement

Confino avec Francesco Rosi

Écrivain

Le confinement a pu aussi être l’occasion de se plonger, entièrement, dans l’œuvre d’un artiste et passer quelques jours, confino, en compagnie de Francesco Rosi, de ses vies et de ses films. De Main basse sur la ville à Uomini contro, en passant par Salvatore Giuliano et Le Christ s’est arrêté à Eboli, ses films d’un autre temps donnent à voir une humanité brute, juste, sans emphase et sans justification psychologique. Un cycle d’œuvres qui garde quelque chose d’une énigme entre une intrigue si proche du réel et une part d’anticipation saisissante.

Je ne sais pas très bien ni dans quoi nous sommes embarqués ni pour combien de temps. On fait avec les moyens du bord. Et finalement on trouve des ressources. La preuve. Histoire de rester en Italie, en pensée et un peu plus qu’en pensée, en sentiment, l’idée m’a effleuré d’une petite balade chez Francesco Rosi. Elle serait comme le prélude au voyage dont je rêve – invraisemblablement – pour cet été. J’avais revu, l’an passé, Cadavres exquis qui n’a pas vieilli, ou si peu. Du coup, j’ai eu l’intuition plus ou moins claire que Le Christ s’est arrêté à Eboli serait de circonstance puisqu’il raconte l’histoire d’un confinement. Et je ne refuserais pas l’occasion d’élar­gir mon éventail en revoyant Main basse sur la ville et Uomini contro qui brillaient dans mon sou­venir comme des étoiles assez lointaines.

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Salvatore Giuliano, je ne l’avais jamais vu, ce serait donc le mo­ment ou ...

Bernard Chambaz

Écrivain, Poète