Éducation

Philippe Watrelot : « L’expression “stylos rouges” est malheureuse mais la mobilisation utile »

Journaliste

Mobilisations lycéennes, Stylos Rouges, #pasdevague… Jean-Michel Blanquer a dû faire face récemment à des contestations de nature diverses, et contre-attaque cette semaine dans les médias. Réforme du bac, situation des enseignants, violences scolaires, quel que soit le sujet le ministre de l’Éducation nationale affirme partager les préoccupations, et que son action est mal comprise. Il faudrait donc faire plus de « pédagogie ». Mais quelle place est laissée aux pédagogues ? AOC donne la parole l’un d’entre eux, fin observateur et de longue date des questions scolaires : Philippe Watrelot.

Professeur de sciences économiques et sociales dans un lycée de la région parisienne et à l’ESPÉ (Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation) de Paris, Philippe Watrelot fut longtemps président du CRAP-Cahiers Pédagogiques. Sa pratique et son expérience en font l’un des observateurs les plus attentifs des politiques éducatives en France. Alors que le mouvement des « Stylos Rouges », né mi-décembre, prépare ses premières actions mais aussi que le ministre de l’Éducation nationale se déclare prêt à envisager la suppression des allocations familiales pour les parents d’enfants violents, que les professeurs de CP demandent la suspension des évaluations auxquelles leurs élèves doivent se soumettre la semaine prochaine, et que les lycéens continuent de manifester contre la réforme du Bac, il nous a paru intéressant de faire avec lui un long tour d’horizon de ces différents sujets éducation qui s’invitent dans l’actualité. RB

La revendication principale du mouvement des « Stylos Rouge », qui s’est construit sur le modèle des Gilets Jaunes, porte sur les conditions de vie des enseignants, notamment sur l’épineuse question du gel du point d’indice, servant au calcul de la rémunération des fonctionnaires. Fort de votre longue expérience syndicale et associative, quel regard portez-vous sur ce type de mouvement ?
De sympathie et, je dois dire, un peu d’agacement. L’expression « stylos rouge » est malheureuse mais la mobilisation utile car elle remet la question salariale au premier plan. J’ai commencé à enseigner en 1981, et je suis syndiqué depuis cette époque. J’ai aussi été président d’un mouvement associatif, le CRAP-Cahiers pédagogiques, et c’est de là certainement que peut provenir un certain agacement de voir ces gens agir en dehors des corps intermédiaires, et donc participer à leur déconsidération. En même temps, parce que je suis militant et enseignant, je suis fondamentalement optimiste et je me dis que c’est positif de voir des gens découvrir la force du


Raphaël Bourgois

Journaliste, Rédacteur en Chef d'AOC

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