Cinéma

Arthur Harari : « J’ai beaucoup écouté les réactions que suscitait L’Inconnue »

Journaliste

Après la sortie en salle de son film L’Inconnue, Arthur Harari reçoit des retours contrastés. Il revient pour AOC sur cette force de déstabilisation de ce film, un body swap, mais aussi un film d’aventure sombre. Avec les personnages qui se déplacent d’un corps à l’autre, c’est aussi le spectateur qui est déplacé.

Son troisième long métrage, L’Inconnue, a été un des événements de la compétition officielle du dernier Festival de Cannes, et est sorti en salles fin août. Selon une approche assez inhabituelle, Arthur Harari revient ici sur son film dans l’après-coup d’un accueil contrasté, qui a suscité un grand enthousiasme d’une partie des spectateurs, et des réserves fortes chez d’autres.

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Avec ce recul, et alors que L’Inconnue est présenté dans de nombreux festivals internationaux, le cinéaste met en partage ses choix et ses interrogations, et commente les dispositifs qui accompagnent la production et la circulation des films dans l’environnement actuel. Désormais hors du processus classique d’accompagnement promotionnel, celui qui, avec le thriller Diamant noir (2016) et le film de guerre tourné au Japon Onoda (2021), mais aussi comme coscénariste d’Anatomie d’une chute de Justine Triet et comme acteur du Procès Goldman de Cédric Kahn, s’est imposé comme une figure de premier plan du cinéma français contemporain aide à interroger les ressorts d’une pratique, d’un système et d’un projet artistique. J-M. F.

Au moment où nous nous rencontrons, cela fait trois semaines que L’Inconnue est sorti en salles, trois mois qu’il a été montré à Cannes. Diriez-vous que vous avez appris des choses sur votre film ?
Ah oui, j’ai appris des choses. J’ai commencé par apprendre assez brutalement qu’il était… clivant, comme on dit. Je ne l’avais pas anticipé, alors que ça paraît maintenant normal. Il y a eu des gens qui ont vraiment rejeté le film, j’ai éprouvé le contraste entre celles et ceux qui vivent quelque chose d’extrêmement fort, et qui, par ailleurs, trouvent le film hyper stimulant en termes de cinéma, et d’autres pour qui le film a quelque chose de repoussant. Ils en veulent aussi au film de son rapport à la transparence, ou plutôt à l’opacité. Il se crée une césure entre ceux qui aiment ce genre d’expérience et qui vont la nourrir eux-mêmes, la percevoir comme une stimulati


[1] Le film L’Inconnue est une adaptation, ou une transposition pour le cinéma du roman graphique Le Cas David Zimmerman coécrit par Lucas Harari et son frère Arthur et dessiné par Lucas Harari (Éditions Sarbacane, 2024).

[2] Les prévisions des organes spécialisés sur les études du box-office anticipent environ 130 000 entrées en France pour L’Inconnue.

[3] Le body swap est un sous-genre du cinéma fantastique basé sur l’échange de corps, où la présence d’un personnage dans le corps d’un autre. Par exemple : Dans la peau d’une blonde de Blake Edwards, Volte-Face de John Woo, L’un dans l’autre de Bruno Chiche ou même Didier d’Alain Chabat. Pour une liste beaucoup plus longue, ici.

[4] La cinéaste Justine Triet est la compagne d’Arthur Harari, et la mère de ses deux enfants. Elle travaille en ce moment à son nouveau film, intitulé Fonda.

Jean-Michel Frodon

Journaliste, Critique de cinéma et professeur associé à Sciences Po

Rayonnages

CultureCinéma

Notes

[1] Le film L’Inconnue est une adaptation, ou une transposition pour le cinéma du roman graphique Le Cas David Zimmerman coécrit par Lucas Harari et son frère Arthur et dessiné par Lucas Harari (Éditions Sarbacane, 2024).

[2] Les prévisions des organes spécialisés sur les études du box-office anticipent environ 130 000 entrées en France pour L’Inconnue.

[3] Le body swap est un sous-genre du cinéma fantastique basé sur l’échange de corps, où la présence d’un personnage dans le corps d’un autre. Par exemple : Dans la peau d’une blonde de Blake Edwards, Volte-Face de John Woo, L’un dans l’autre de Bruno Chiche ou même Didier d’Alain Chabat. Pour une liste beaucoup plus longue, ici.

[4] La cinéaste Justine Triet est la compagne d’Arthur Harari, et la mère de ses deux enfants. Elle travaille en ce moment à son nouveau film, intitulé Fonda.