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Politique

Pourquoi le peuple ? Quel peuple ?

philosophe

« Peuple » semble être le nom d’un problème à résoudre, alors qu’il devrait être celui d’une question. Et poser la question du peuple, c’est supposer que celui-ci n’est pas une donnée mais le résultat d’une détermination historique et politique. Il s’agit alors d’enquêter sur les modes de cette détermination.

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Depuis bientôt trente ans le peuple paraît poser problème aux démocraties occidentales. Le nom de ce problème est bien connu : « populisme ». Terme fourre-tout, le contraire d’un concept, agité comme un chiffon rouge par les uns et les autres, il signe certainement le mépris dans lequel les couches dites inférieures de la société – celles que Michelet nommait joliment « le grand peuple d’en bas » et qu’il opposait au « petit peuple d’en haut » –, sont tenues par les gouvernants et les clercs. Il révèle aussi la volonté d’amalgamer extrême droite xénophobe et gauche radicale, la « gauche de gauche » dont parlait Pierre Bourdieu, en vue de dessiner les contours des forces politiques cherchant à gouverner au consensus. Après le Brexit, l’élection de Trump, les suc...

Gérard Bras

philosophe, directeur de programme au Collège International de Philosophie et président de l'Université populaire des Hauts-de-Seine