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On tue à Nantes ! Rage et injustice

Sociologue

Les années passent et le scénario reste le même. Un contrôle d’identité qui tourne mal, un fonctionnaire qui perd son sang froid, et c’est la « bavure », la mort d’un jeune. Des émeutes et des mobilisations, puis le retour au calme jusqu’au prochain drame. Comment et pourquoi la mort d’Aboubakar Fofana a-t-elle pu s’ajouter à une liste déjà trop longue ?

Aboubakar Fofana est mort d’une balle tirée dans la nuque par un policier à bout pourtant, le 4 juillet, dans le quartier du Breil, à Nantes. Sans vouloir effacer les incidents des nuits suivantes dans ce quartier pauvre, aux Dervallières, à Malakoff et à Bellevue, il faut rappeler que ce drame s’inscrit malheureusement dans une triste série. Il convient donc de le replacer dans son contexte pour l’analyser, mais aussi de comprendre les causes profondes de ces événements et de s’interroger sur les actions appropriées.

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Car depuis quarante ans, on compte les morts parmi les jeunes, ces enfants d’immigrés qui vivent dans les cités populaires HLM. Combien y en a-t-il eu ? 50, 100, 500 ? Voisins excédés tirant à la 22 long rifle sur le petit groupe en bas des barres d’immeuble...

Michel Kokoreff

Sociologue, Professeur de sociologie à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis