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Littérature

L’héroïsation ambiguë des écrivains algériens en France

Chercheur en sociologie et littérature

La nouvelle édition du « Maghreb-Orient des livres » débute ce 8 février à l’Hôtel de Ville de Paris, on y parlera littérature, mais aussi du rôle des écrivains comme rempart face aux extrémismes religieux et/ou politiques. Un rôle particulièrement dévolu, dans le débat public français, aux auteurs algériens, au risque de ne pas comprendre toute la complexité de leur engagement des deux côtés de la Méditerranée, et surtout de ne pas les considérer à égalité avec les écrivains français.

 

« Nouveaux Voltaires », « dissidents », « hérauts de la liberté »… Très visibles lors de la dernière rentrée littéraire, les écrivains algériens, comme aujourd’hui Boualem Sansal ou Kamel Daoud, sont héroïsés en France, et ce depuis la guerre civile des années 1990. On leur avait pourtant reproché leur « silence » lors des évènements terribles d’Octobre 1988. Que signifie cette héroïsation ? Réductrice et tendancieuse compte tenu de la complexité de leur engagement politique, elle est aussi paradoxalement le symptôme d’une difficulté à les considérer à égalité avec les écrivains français.

D’éternels perturbateurs ?

Si l’on peut dater grossièrement le reflux de l’engagement des é...

Tristan Leperlier

Chercheur en sociologie et littérature, Chercheur associé au Centre européen de sociologie et de science politique, EHESS – CNRS ; et au laboratoire Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité, Paris 3 – CNRS.