A Analyse

Éducation

CP à 12 élèves : promesses et limites du nouveau dispositif

Sociologue

Le ministre de l’éducation nationale s’est récemment félicité des premiers résultats des CP à 12 élèves. Une enquête exploratoire menée avec des étudiants de Master 2 pointe pourtant, au-delà de la satisfaction générale, la persistance de la propension déplorable de la part de certains enseignants à externaliser et psychologiser les difficultés scolaires.

Les CP à 12, désignés comme une « mesure phare » du gouvernement, semblent largement plébiscités par les enseignants. Le dispositif, qui ne concerne qu’une minorité de classes de CP (celles qui sont en REP +) est crédité par le ministère de l’éducation d’être efficace à condition qu’il s’accompagne d’une révision des méthodes de lecture. Dans ce but, il a fait éditer un « livre orange » pour aider les enseignants à changer leurs pratiques, dénoncé comme une atteinte à la liberté pédagogique par le SNUIPP. Celui-ci reprend l’antienne selon laquelle la lecture ne peut se réduire au déchiffrage et considère que les 100 % de réussite au CP constituent un objectif irréalisable pour certains élèves « qui ne réussiront pas, pour des raisons liées à leur milieu économique et culturel », selon la secrétaire générale du SNUIPP.

Si la mise en place du dispositif soulève plusieurs problèmes[1], il nous semble inacceptable d’admettre comme une évidence, comme le fait le SNUIPP, que certains élèv...

Sandrine Garcia

Sociologue, Professeure en Sciences de l'éducation à l'Université de Bourgogne