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Rediffusion

« Quand on veut la guerre, on assume » : les Gilets Jaunes, le peuple et le sens de l’État

Anthropologue

Depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », l’usage du mot « guerre » s’est généralisé pour devenir un paradigme de la politique intérieure. Or dire la guerre quand il n’y a pas guerre c’est, pour un État, toujours dire son intention de la faire. L’aisance avec laquelle le vocable s’est installé depuis le début du mouvement des « gilets jaunes » interroge et inquiète. Rediffusion du 18 janvier 2019.

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Dans une vidéo visible sur Internet, une femme qui souhaite porter secours à un homme à terre lors d’une manifestation se voit rétorquer par un CRS : « Quand on veut la guerre, on assume. » « Non, non, on ne fait pas la guerre. On manifeste de manière pacifique », lui répond-elle. En effet, c’est l’État qui traite le peuple en ennemi dès lors qu’il est assimilé, par le président, lors de ses vœux[1], à une «...

Catherine Hass

Anthropologue, Chercheuse associée au CERNA (Centre d'Économie Industrielle), MINES ParisTech, PSL Research University, chargée de cours à Sciences po Paris.