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Rediffusion

L’inquiétante biologisation de la filiation

Avocate

Le débat autour des lois de bioéthique tend à présenter comme « naturel » la nécessité pour un individu de connaître ses origines biologiques. De cette exigence est née l’idée d’un droit à l’accès aux origines. Mais, outre la violence symbolique sur celles et ceux qui n’en ont pas la possibilité, ou l’envie, cette biologisation de la filiation est révélatrice d’une évolution inquiétante de certains choix de société. Rediffusion du 20 mars 2019.

Actuellement, l’anonymat du don de gamètes est la règle pour toutes les parties en cause, donneur, receveur et enfant. Si le principe de l’anonymat des dons a longtemps posé assez peu question, ce principe est aujourd’hui radicalement remis en cause, à tel point que pour le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) « la réflexion sur l’accès aux origines des enfants nés par une procédure d’AMP avec tiers donneur est considérée comme indispensable ». Dans son dernier avis du mois de septembre 2018, le CCNE va plus loin encore et préconise « que soit rendu possible la levée de l’anonymat des futurs donneurs de sperme, pour les enfants issus de ces dons, afin notamment qu’ils puissent construire leur identité ».

Il semble aujourd’hui communément admis, d’affirmer qu’une personne qui ne connaîtrait pas ses origines biologiques, se trouverait dans l’impossibilité de se construire. À cet égard, la v...