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Environnement

À quoi servent les images de la catastrophe écologique ?

Critique

Si les récits apocalyptiques sont omniprésents, l’image reste un point aveugle de l’analyse des mobilisations écologiques. Tenter de déplacer notre regard vers l’image écologique, qu’elle soit fixe ou animée, artistique ou pas, permettrait pourtant d’affiner la portée critique des discours, d’envisager leur renouvellement, d’en affirmer la puissance.

Le désastre climatique en cours suscite toutes sortes d’angoisses inévitables : celle de la fin du monde avant toute chose, perçue désormais comme un phénomène historique tangible, et non plus comme une vue de l’esprit plus ou moins inconfortable : les catastrophes écologiques s’enchaînent, et l’œil continue de les suivre distraitement, mais une anxiété d’un nouveau type est apparue. Une autre angoisse pointe, qui affecte cette fois la procréation : le sentiment diffus que faire des enfants épuisera nécessairement les réserves de la planète ; la défense de l’espèce humaine, par conséquent, trouverait sa condition paradoxale dans une résistance à son renouvellement.

Autre anticipation suscitant un mélange d’effroi et d’incrédulité : la perspective scientifiquement avérée d’une mortalité massive des humains et des animaux si l’on considère, comme le rappelle Bill McKibben dans Falter : Has the Human Game Begun to Play Itself Out ? (Henry Holt and Co, 2019), que le réchauffement de la planète entraîne inéluctablement une augmentation de la température des océans, et que ce réchauffement global, si sa courbe n’est pas a...

Dork Zabunyan

Critique, Professeur en études cinématographiques à l'Université Paris 8