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« Nous sommes en guerre ! »

Historien

Dans son allocution du 16 mars dernier, le président Macron s’est appliqué à le marteler : nous sommes en guerre. Parler en ces termes souligne paradoxalement l’impréparation face à ce « nouvel ennemi » de pays comme la France qui vivent depuis trop longtemps une politique sans stratégie. Or, ce qui se joue là est bien un débat de nature stratégique : que voulons-nous pour notre pays ? Cette question, nous ne nous la posons que rarement avec efficacité, et la rareté de ce questionnement, nous la payons toujours en temps de crise.

ĪNous sommes en guerre. C’est par ces mots que le Président de la République nous fait entrer dans une temporalité nouvelle, celle de la conflictualité, où est mise en jeu l’existence de la Nation parce que son corps social est menacé directement par un virus et indirectement par les effets des mesures nécessaires à son endiguement.

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L’épidémie et la guerre chevauchent ensemble, dans le livre de l’Apocalypse, sur un cheval pâle et un cheval roux qui reprend les chevauchées provenant de la huitième vision du prophète Zacharie. Les chevaux portent la colère de Dieu et le châtiment sur les royaumes mais aussi la promesse d’une forme de renouveau. Dans l’imaginaire plus contemporain, le lien entre épidémie et guerre est naturel : les deux emportent avec eux un imaginaire d’envahissement du territoire et de la destruction de la population. Avec la fin de la population sur un territoire, on trouve la possibilité de la fin de la vie politique et ...

Ramon Epstein

Historien