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Les visons rêvent-ils d’humains en fourrure ?

Philosophe

Le 4 novembre dernier, le gouvernement danois a décrété l’abattage de tous les visons d’élevage du pays, soit tout de même 17 millions d’individus. Comble de l’horreur : des milliers de corps ensevelis refont aujourd’hui surface sous l’effet des gaz dégagés par la putréfaction. Ainsi se pose plus que jamais la question de ce qui se passe dans le cerveau de ces petites bêtes, vouées en « temps normal » à l’abattage pour la production de fourrure. Ne rêveraient-elles pas d’humains en fourrure de synthèse ?

Samedi 21 novembre 2020, les cornes de brume retentissent dans le port de Copenhague, rythmant les vrombissements de cinq cents tracteurs venus de tout le pays manifester la vigoureuse désapprobation des agriculteurs et éleveurs danois.

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Le gouvernement a décrété le 4 novembre l’abattage de l’entière population des visons élevés au Danemark, premier producteur de ces fourrures de luxe éponymes. Après la détection dans des élevages d’une forme mutante du virus SARS-CoV-2, dénommée « Cluster 5 », se transmettant aux humains, les autorités sanitaires craignaient un effet désastreux sur l’efficacité du vaccin anti-Covid-19 en cours de validation rapide. Le décret gouvernemental est vite suivi d’effet, et, dans plus de mille fermes, 17 millions de visons, atteints par la maladie ou non, sont abattus. Deux semaines plus tard, sous l’effet d’une contestation populaire vigoureuse, le gouvernement danois admet avoir agi en l’absence de fondement légal....

Mériam Korichi

Philosophe, Dramaturge, metteure en scène