Mériam Korichi

Philosophe, Dramaturge, metteure en scène

Mériam Korichi est agrégée et spécialiste de la philosophie de Spinoza. Elle a étudié à la Sorbonne, à l’Ecole Normale Supérieure de Paris, à l’Université de Harvard. Ses recherches en philosophie portent sur les termes et les concepts philosophiques de l’affectivité humaine et le sens du vocabulaire moral en usage, et a notamment publié Les Passions (Flammarion, 1999), Lettres sur le mal (Gallimard, 2006), Notions d’éthique (Gallimard, 2009), Traité des bons sentiments (Albin Michel, 2016), Mentir. La vie et son double (Autrement, 2019). Elle traduit également Shakespeare et travaille au théâtre et à l’opéra, comme metteure en scène et dramaturge, notamment à la Comédie-Française, aux Bouffes du Nord, au Théâtre de l’Athénée, à l’Opéra-Comique. Elle a publié une biographie d’Andy Warhol (Gallimard, 2009) et a écrit de nombreux textes sur le travail d’artistes contemporains à l’occasion d’expositions temporaires, publiés dans le catalogue de ces expositions. Depuis 2010, elle est la créatrice des Nuits de la philosophie dans plusieurs villes du monde, rassemblant philosophes et artistes. Ses dernières éditions se sont déroulées notamment aux Beaux-Arts de Paris et au siège parisien de l’UNESCO en 2018, au Musée des Beaux-Arts de Gand et à la New School à New York en 2019.

Ses publications sur AOC

samedi 30.05.20

Entretien

Victor Pitron : « Nous sommes confrontés à des manifestations psychiatriques inédites »

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Au moment où le pays sort doucement de la crise sanitaire, certains craignent une « seconde vague psychiatrique ». S’il est évident que cette période a eu un impact sur le psychique de chacun, les personnes souffrant de troubles psychiatriques ont été plus affectées que les autres. Psychiatre et chercheur en sciences cognitives, Victor Pitron observe que jamais le monde n’a changé si radicalement en si peu de temps, notamment pour les personnes plongées en coma artificiel qui se réveillent quelques semaines plus tard. Leurs troubles psychiatriques se sont nourris de ce nouveau contexte d’incertitude, preuve s’il en fallait de l’interconnexion entre l’expression de la maladie psychiatrique et le contexte de vie.

samedi 09.05.20

Entretien

Ralph Rugoff : « L’art peut nous offrir une perspective différente sur ce qui arrive »

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« May You Live In Interesting Times », c’était le titre donné en 2019 à la dernière Biennale d’art de Venise par son commissaire, Ralph Rugoff. Un souhait qui semble s’être exaucé à la faveur de la pandémie : s’ils sont aussi inquiétants qu’incertains, les temps actuels n’en sont pas moins intéressants. Notamment pour les artistes, et les institutions artistiques, dont l’un des rôles consiste à se débattre avec la complexité de notre expérience, sans essayer de l’éliminer ou la réduire.

jeudi 23.04.20

Critique

Confinement et chambre à soi – sur A Room of One’s Own de Virginia Woolf

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En 1929, dans A Room of One’s Own, Virginia Woolf affirme qu’avoir une pièce à soi où réfléchir librement est une condition sine qua non de la pensée, et que c’est ce qui a manqué aux femmes dans l’Histoire pour écrire. Mais la liberté d’avoir une pièce à soi est indissociable de la liberté d’en sortir. Le confinement nous invite donc à penser une nouvelle fois le rapport des femmes et de leur espace.

lundi 30.03.20

Critique

On arrête tout ? – sur L’An 01 de Doillon, Gébé, Resnais et Rouch

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Angoissant, le confinement et l’arrêt du train-train ? La situation que nous traversons rappelle pourtant la joyeuse histoire de L’An 01, utopie politique et sociale adaptée de la BD de Gébé, qui a aussi co-réalisé le film avec Jacques Doillon, Alain Resnais et Jean Rouch. Racontant la décision collective de « tout arrêter » , le film, impérieux d’irrévérence, incarne à merveille l’esprit révolutionnaire soixante-huitard. « Et c’est pas triste. »

vendredi 06.03.20

Critique

Au commencement est le cerveau – à propos de « Neurones, les intelligences simulées »

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Partir des neurones pour arriver aux intelligences artificielles, c’est le pari de l’exposition « Neurones, les intelligences simulées », qui vient d’ouvrir ses portes au Centre Pompidou : face à la peur diffuse d’une IA omniprésente, elle propose un heureux rappel de sa diversité comme de son origine, et met à jour les liens profonds entremêlant existence humaine et développement d’artéfacts intelligents.