Ce qu’écrire veut dire (au temps de l’IA)
Ce n’est peut-être pas la fin du monde, mais c’est la fin des écrivains, ma bonne dame. C’est peu ou prou le leitmotiv d’un article sensationnaliste ou plus exactement d’un mini-dossier, paru dans le Nouvel Obs voici plusieurs mois déjà mais que je n’ai découvert que tout récemment, après qu’un ami me l’a fait suivre, un jour que ce mini-dossier était en accès libre. Signé par le journaliste et critique littéraire Didier Jacob, l’article principal s’intitule « Le prix Goncourt Hervé Le Tellier s’est mesuré à l’IA et le match a été à la fois surprenant… et terrifiant », rien de moins : de la mesure, on le voit.

Il me faut d’emblée préciser, car c’est la conjonction de ces deux événements qui provoque la rédaction de cet article, que j’ai lu ce dossier du Nouvel Obs peu après avoir visité l’exposition « Kandinsky, la musique des couleurs » à la Philharmonie de Paris (depuis mi-octobre et jusqu’au 1er février 2026), et terminé la lecture du très passionnant Les Marches du même Vassily (ou Wassily) Kandinsky, que vient de traduire Catherine Perrel pour les éditions Verdier, deux événements dont Cécile Dutheil de la Rochère a rendu compte dans AOC début décembre.
Mais, je reprends. Si le titre du dossier du Nouvel Obs annonce la couleur, les deux premières phrases de l’article confirment sa tonalité : « “Oh la vache ! C’est bluffant !”, commente Hervé Le Tellier en découvrant le texte généré par l’IA. Il a accepté de participer, à l’initiative du Nouvel Obs, à un match l’opposant à une machine, comme naguère Kasparov à Deep Blue. » Un match, décidément ?
Autant courir tout droit à la chute de l’article, que suivent les trois textes brefs issus de l’expérience (3 000 signes chacun), le premier d’Hervé le Tellier, donc, les deux autres générés par l’IA Claude, avec l’aide de Chat GPT : « Peut-on imaginer un monde sans écrivains ? Et à quoi ressemblera-t-il ? Question affreuse, qui se pose non pas dans un avenir incertain, mais tout de suite, maintenant. Si l&rsqu
