Nous n’avons jamais travaillé
Le titre de cet article n’a nullement l’intention de provoquer. En revanche, au risque d’apparaître arrogant et prétentieux, je soumets ici une proposition afin de tenter de résoudre le problème du « travail » entendu dans le sens « d’emploi » dont sont « privées » des millions de personnes dont moi-même. Selon les dernières données dans les pays membres de l’OCDE, le nombre de personnes concernées s’élève à plus de 34 millions.

En France, ce chiffre atteint 4,3 millions. Il est presque inutile de rappeler que la question de « l’emploi » est le nerf de la guerre dans le monde occidental, et que chez les personnes qui se retrouvent « sans emploi » cela provoque de la colère, de la violence, du mal-être, de la précarité, du désespoir, de l’exclusion, de l’isolement, de la rancune, du vote extrême.
Pour tenter de résoudre ce problème central, je prends la liberté de « penser autrement » la question du « travail » et de « l’emploi ». En effet, comme le disait Michel Foucault, il y a des moments dans la vie où se demander si l’on peut penser autrement que l’on ne pense et percevoir autrement que l’on ne voit devient indispensable pour changer les choses. Comme il s’agit d’un article court, je n’emprunterai pas de détours inutiles pour aller au fond du sujet. C’est pourquoi je m’excuse par avance de certaines schématisations hâtives et de formulations parfois abruptes.
Je ne discuterai pas ici des thèses bien connues des sociologues du travail : la « fin du travail », la « fin du salariat », le « droit à la paresse » ou encore le « droit au travail ». Je ne proposerai pas non plus un plaidoyer visant à considérer que les tâches domestiques encore largement réalisées par les femmes, ou encore les activités des animaux et des plantes, relèvent du « travail ». Ma thèse se situe à l’opposé de ces approches. Je propose une rupture conceptuelle avec la notion de « travail », en soutenant qu’aucun humain, ni aucun non-humain, n’a jamais travaillé sur cette Terre. L’idé
