Déstabiliser le pouvoir adulte(iste)
1 747 interpellations le 2 octobre 2026. 5 000 depuis lundi. On le voit sur les vidéos, les adolescent∙es ciblé∙es sont pour la plupart noir∙es et nord-africain∙es ; déjà, parce que la violence à leur égard relève désormais de la banalité : iels sont par nature suspect∙es, « délinquant∙es », « MNA », tout un arsenal de termes visant à faire d’eux des coupables du fait même d’exister dans l’espace public. Ensuite, parce qu’iels ont tout simplement moins de chance d’obtenir gain de cause et de poursuivre les forces de l’ordre en justice, pour des raisons systémiques (économiques, peur des représailles, d’attirer l’attention…).

Enfin, parce qu’iels échappent souvent à la toute-puissance parentale qui devrait, selon ce qu’on entend sur tous les médias, les séquestrer à la maison et surveiller le moindre de leurs faits et gestes, dans un seul but : être calmes, obéissant∙es, productif∙ves à l’école. Déjà, on voit déjà fleurir par milliers de commentaires le reproche qui sonne comme une rengaine à l’égard des parents de quartiers populaires : « Tenez vos enfants ». En d’autres termes : restreignez leur liberté, imitez la cellule de la prison à l’occidentale, et intégrez-vous dans la République en devenant de bon∙nes gardien∙nes de prison.
La surveillance et la répression déployées par la police sur les enfants relève de la même généalogie coloniale qui œuvrait sur nos parents et leurs ancêtres, la même qui permet à un policier de mettre la tête dans l’eau dans cette vidéo insoutenable, qui n’est pas sans rappeler un type de torture perpétrée par des colons durant la guerre d’Algérie. La police, ainsi que nous le rappellent inlassablement les collectifs de terrain, mais aussi les théoricien∙nes Elsa Dorlin, Didier Fassin ou Mathieu Rigouste, est le produit d’un État raciste qui a tout intérêt à déployer une force disproportionnée pour faire en sorte que rien ne change via le monopole absolu de la violence. En l’occurrence, Parcoursup, les emplois du temps surchar
