A Analyse

Politique

La « démocratie illibérale » n’existe pas

Philosophe

L’expression a fait florès : on parle désormais de « démocratie illibérale » pour qualifier ces régimes qui, de la Pologne à la Hongrie, s’en prennent à la liberté de la presse ou à l’indépendance de la justice. Il devient urgent de remonter à l’origine de cette expression pour saisir les très nombreux problèmes qu’elle pose, à commencer par le fait de mettre au crédit du libéralisme tout ce qu’il y a de désirable dans la démocratie.

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Que nous arrive-t-il ? Dans les périodes de crise, la question devient lancinante. Quelque chose de nouveau se produit, on cherche à nommer l’inédit. Dans le champ de la théorie politique, le « nouveau » prend la figure de régimes qui, tout en respectant les cadres formels de la démocratie élective, sont marqués par toutes sortes de dérives autoritaires. Au sein de l’Union européenne, la Hongrie et la Pologne constituent des cas typiques : régularité apparente des élections/atteintes graves au pluralisme médiatique et aux règles constitutionnelles. Comment faut-il nommer ce mixte improbable de légitimation populaire (les partis de Viktor Orban et de Jaroslaw Kaczynski demeurent à ce jour majoritaires dans les urnes) et de tendances anti-démocratiques (leurs ...

Michaël Foessel

Philosophe, Professeur de philosophie à l'École Polytechnique