Achille Mbembe

Philosophe et historien, Enseigne l'histoire et les sciences politiques à l'université du Witwatersrand (Afrique du Sud) et à l’université de Duke (Etats-Unis)

Né en 1957, Achille Mbembe est un enseignant universitaire et un philosophe camerounais. Il enseigne l’histoire et les sciences politiques à l’université du Witwatersrand (Afrique du Sud) et à l’université de Duke (Etats-Unis).

Après un doctorat en histoire à la Sorbonne obtenu en 1989 et un DEA en sciences politiques à Sciences Po Paris, il devient professeur assistant en histoire à l’université de Columbia (New York) entre 1988 et 1991, puis directeur de recherches associé à la Brookings Institution de Washington entre 1991 et 1992, professeur d’histoire à l’université de Pennsylvanie entre 1992 et 1996. Entre 1996 et 2000, il dirige le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) à Dakar (Sénégal). Il a également été professeur invité à l’université de Berkeley en 2001 et à l’université de Yale en 2003.

La réflexion d’Achille Mbembe porte sur l’histoire de l’Afrique, la politique africaine, sur lesquelles il a écrit de nombreux ouvrages. Il est un théoricien du post-colonialisme.

Il est l’auteur, entre autres, de Politiques de l’inimitié (La Découverte, 2016), De la postcolonie. Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine (Karthala, 2000), La naissance du maquis dans le Sud-Cameroun (Karthala, 1996), ou encore de Critique de la raison nègre (La Decouverte, 2013). Il est le double lauréat 2018 du Gerda Henkel Prize et du Ernst Bloch Prize.

Achille Mbembé dirige avec Felwine Sarr Les Ateliers de la pensée de Dakar. Ils ont coédité Ecrire l’Afrique-monde (Paris, Philippe Rey, 2017).

Ses publications sur AOC

vendredi 31.07.20

Opinion

Pourquoi ont-ils tous peur du postcolonial ?

par

À peu près tous les deux ou trois mois, le public lettré d’expression française est convié à un curieux sabbat au cours duquel des sacrificateurs patentés procèdent à l’immolation rituelle non point d’un bélier, d’un agneau ou de tout autre bouc émissaire, mais du postcolonialisme. Cela fera bientôt vingt ans que dure le manège et rien, en l’état actuel des choses, ne semble – hélas – devoir l’arrêter. Rediffusion du 21 janvier 2020.

lundi 06.04.20

Opinion

Le droit universel à la respiration

par

Si le Covid-19 est l’expression spectaculaire de l’impasse planétaire dans laquelle l’humanité se trouve, alors il s’agit, ni plus ni moins, de recomposer une Terre habitable parce qu’elle offrira à tous la possibilité d’une vie respirable. Serons-nous capables de redécouvrir notre appartenance à la même espèce et notre insécable lien avec l’ensemble du vivant ? Telle est peut-être la question, la toute dernière, avant que ne se ferme, une bonne fois pour toute, la porte.

mardi 21.01.20

Opinion

Pourquoi ont-ils tous peur du postcolonial ?

par

À peu près tous les deux ou trois mois, le public lettré d’expression française est convié à un curieux sabbat au cours duquel des sacrificateurs patentés procèdent à l’immolation rituelle non point d’un bélier, d’un agneau ou de tout autre bouc émissaire, mais du postcolonialisme. Cela fera bientôt vingt ans que dure le manège et rien, en l’état actuel des choses, ne semble – hélas – devoir l’arrêter

lundi 30.12.19

Opinion

Étrange époque

par

De partout ne cesse de monter la même clameur : « Retournez chez vous ! », tandis que prolifèrent les meurtres racistes comme celui de Mamoudou Barry, tué il y a quelques mois. Peu importe qu’en son article 13, la Déclaration universelle des « droits de l’Homme » affirme que tout habitant de la Terre « a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État », car le capitalisme a encore besoin de la violence organisée, qu’il s’agisse de la violence d’État ou d’autres formes de violence plus ou moins privées. Mais surtout, il a besoin de l’oubli, l’oubli de ses crimes, des fers aux mains et des corps saccagés. Rediffusion du 4 septembre 2019.

mercredi 04.09.19

Opinion

Étrange époque

par

De partout ne cesse de monter la même clameur : « Retournez chez vous ! », tandis que prolifèrent les meurtres racistes comme celui de Mamoudou Barry, tué il y a quelques semaines. Peu importe qu’en son article 13, la Déclaration universelle des « droits de l’Homme » affirme que tout habitant de la Terre « a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État », car le capitalisme a encore besoin de la violence organisée, qu’il s’agisse de la violence d’État ou d’autres formes de violence plus ou moins privées. Mais surtout, il a besoin de l’oubli, l’oubli de ses crimes, des fers aux mains et des corps saccagés.