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Open design : produits sans qualités

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Dans l’ombre de l’industrialisation de produits de consommation –  lesquels, qualifiés de « produits finis », trônent dans les vitrines ou sur les étalages –  s’avance aujourd’hui un autre type ou régime de production des objets usuels. Souvent plus bruts (non-finis) ou de fonction et d’aspect moins flatteurs, ces derniers objets sont ceux qu’un certain design tente de mettre au monde : l’open design, comme beaucoup s’accordent à le nommer.

Une des conséquences, parmi d’autres innombrables, des quatre révolutions industrielles[1] qui se sont succédé depuis le XVIIIè siècle est l’établissement et le renforcement progressif d’une disjonction entre production et consommation (au sens d’abord étymologique du terme : du latin consummaciun [v. 1120] « état de ce qui est mené à son accomplissement, à sa perfection », emprunté du latin chrétien consummatio « achèvement, couronnement, fin, terminaison ») — de l’affirmation d’une dichotomie que beaucoup disent originaire, première, sur laquelle reposerait toute l’économie de marché (polarité de l’offre et de la demande). Certains, d’un côté, décidant de produire ce que d’autres, de leur côté, décideront de consommer ; se revendiquant chacun en tapinois d’une plus grande influence, les deux parties entendent en réalité décider du sort de l’autre.

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Ce qui pouvait passer encore naguère en un même lieu, un même temps et parfois dans les mains d’un même homme (notamment celles de l’artisan) ...

David Bihanic

Designer, Maître de conférences à l'université Paris 1, chercheur associé à l'ENSADlab