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Politique

Les promesses électorales n’engagent-elles que ceux qui les écoutent ?

Politistes

Parmi les facteurs d’affaiblissement de la démocratie représentative, la question du non-respect supposé des promesses électorales arrive certainement au premier plan. À tel point que la science politique a pu considérer l’analyse des programmes comme secondaire. Le projet de recherche Partipol fait le pari inverse, et livre des résultats intéressants.

La légitimité des démocraties représentatives repose sur la définition d’alternatives politiques par les candidats lors des campagnes électorales et leur réalisation, par ceux qui remportent les élections. Les représentants reçoivent un « mandat » des électeurs, auxquels ils doivent répondre de l’application de leurs engagements. Les programmes électoraux se présentent aux citoyens comme le moyen d’orienter les politiques ; ils suscitent, à ce titre, des espoirs qui sont à la hauteur des déceptions qui sanctionnent les promesses non tenues. Dans les faits, ces engagements sont-ils respectés ? Force est de constater que les électeurs semblent peu convaincus. Ainsi, selon la dernière vague du baromètre de la confiance politique du CEVIPOF, moins d’un quart des personnes interrogées considèrent que « la plupart des hommes politiques essaient de tenir leurs promesses électorales ».

Cette image négative des représentants politiques est relayée par de nombreux commentateurs du débat public. Emmanuel Macron lui-même estimait, lors d’un entretien diffusé le 12 avril de...

Isabelle Guinaudeau et Simon Persico

Politistes, Chargée de recherches au CNRS et professeur de sciences politiques à l'Institut d'études politiques de Grenoble