A Analyse

Société

Les syndicats dans la roue des gilets jaunes ?

Sociologue

Le discours d’Emmanuel Macron devant les Français a été précédé, lundi 10 décembre, d’une rencontre avec les organisations syndicales représentatives. La CGT appelle ce vendredi 14 décembre à une journée de grèves et de manifestation avec le soutien d’autres syndicats. Est-ce le signe d’une nouvelle séquence marquée par la convergence des luttes et le retour du syndicalisme au centre du jeu ?

Incontestablement, les syndicats ont ces derniers jours participé plus activement à l’effervescence créée par le mouvement des Gilets Jaunes. Ils étaient jusqu’alors plutôt restés en retrait, tardant et peinant à se positionner. Le mouvement s’est déclenché hors des entreprises et sur une question – le prix de l’essence – a priori assez éloignée des revendications touchant au travail. Malgré la prédominance des salariés, sa composition sociale l’ancre dans des secteurs hétérogènes de la population, incluant des petits patrons, commerçants et artisans et faisant craindre une révolte de type poujadiste. La visibilité de discours et d’actes xénophobes ou sexistes au début du mouvement semblait conforter cette tendance, justifiant la défiance des syndicalistes.

L’attention des confédérations était en outre concentrée sur des enjeux ...

Karel Yon

Sociologue, Chargé de recherches au CERAPS, Université de Lille, CNRS