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Santé

Les trompe-l’œil du « 100 % santé »

Politiste

Alors que le projet de loi de financement de la sécurité sociale a été adopté mardi à l’Assemblée Nationale, la transformation du système de protection sociale se poursuit vers toujours plus d’individualisation. Au cœur des discussions l’an dernier, la réforme du « 100% santé » permet d’analyser rétrospectivement cet affaiblissement des mécanismes de solidarité collective au profit de logiques assurantielles privées.

Bien identifié par la recherche en sciences sociales et par les services de l’État et de l’assurance maladie, le phénomène du renoncement aux soins révèle les inégalités de santé que produit le système sanitaire français dont l’universalité est alors ramenée à son statut d’intention.

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Si ses causes sont multiples, des raisons financières expliquent en grande partie cette insatisfaction des besoins de soins. Le renoncement se concentre ainsi sur des soins plus faiblement remboursés par l’assurance maladie (équipements optiques, prothèses dentaires, etc.) et dont le niveau de participation financière des assurés – leur « reste à charge » – dépend de l’acquisition d’une assurance complémentaire et de la qualité de ses garanties. Ainsi, 17 % des assurés sociaux de plus de 18 ans ont renoncé à des soins dentaires et 10 % à des soins optiques pour des motifs financiers en 2014, selon

Renaud Gay

Politiste, Institut de recherches économiques et sociales