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La « bombe démographique » en Afrique : pas si simple !

Médecin et anthropologue, Anthropologue

La nécessité impérieuse de promouvoir une baisse de la natalité en Afrique fait consensus entre les spécialistes, les gouvernements occidentaux et africains. Pourtant, les nombreux obstacles qui se dressent face aux politiques populationnelles actuelles sont largement sous-estimés. Face à la méfiance des populations à l’égard d’institutions occidentales qui se contentent des discours stéréotypés sur la « bombe démographique », les voies traditionnelles de la transition démographiques semblent inopérantes.

Malgré la grande diversité des politiques de développement, des stratégies des agences d’aide, des considérations géopolitiques, et des analyses de chercheurs, il y a parfois quelques rares consensus qui émergent et se stabilisent dans le monde du développement et des relations à l’Afrique. La nécessité de réduire la natalité en Afrique, et en particulier au Sahel, en est un.

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Experts comme responsables politiques s’accordent tous sur la menace que représentent les taux actuels de fécondité : 7,2 enfants par femme au Niger, 6,2 au Mali. Dans ces pays dont les dirigeants sont souvent contestés, que la menace terroriste affaiblit chaque jour un peu plus, où des centaines de milliers de jeunes arrivent chaque année sur un marché de l’emploi exsangue, et qui connaissent de plus en plus une immigration incontrôlable vers l’Europe, la poursuite de l’actuelle natalité fait figure de cauchemar absolu ; près de 80 millions de Nigériens en 2050 pour 20 millions aujourd’hui, alors que les terres cultivables sont déjà saturées et épuisées, que l’industrialisation est pre...

Aissa Diarra

Médecin et anthropologue, Chercheuse au LASDEL

Jean-Pierre Olivier de Sardan

Anthropologue, directeur de recherche émérite au CNRS et directeur d’études à l’EHESS