A Analyse

Environnement

Sobriété énergétique, un nouvel oxymore ?

Historien

En consultation publique jusqu’au 19 février 2020, la Programmation pluriannuelle de l’énergie et la Stratégie nationale bas-carbone doivent fixer le cap énergétique de la France pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Pour y parvenir, on évoque depuis la loi de 2015 la sobriété énergétique, une expression qui risque fort de rejoindre la longue liste des oxymores (tels développement durable ou croissance verte) si on ne prend pas conscience collectivement de la nécessité d’une redéfinition profonde des modes de vie et du système capitaliste dominant.

Longtemps utilisée pour désigner le fait de boire peu d’alcool, le mot sobriété renvoie de plus en plus à l’action d’économiser la planète et ses ressources. Initialement portée par les mouvements de la Décroissance, la notion de sobriété énergétique a émergé très lentement dans le débat public avant de s’imposer comme une évidence aujourd’hui. L’association NegaWatt, créée en France en 2001, a contribué à le diffuser en en faisant l’un des trois piliers de sa démarche, avec la promotion de l’efficacité et des « énergies renouvelables ». En 2010, un ouvrage à succès de Pierre Rabhi appelait à une « sobriété heureuse ».

publicité

Les sciences humaines et sociales s’emparent également de ce sujet, alors que la sobriété énergétique a même été reconnue comme un objectif des politiques publiques en étant inscrite dans ...

François Jarrige

Historien, Maître de conférences à l’université de Bourgogne