Marc Porée

Professeur de littérature anglaise, École Normale Supérieure (Ulm)

Marc Porée est professeur de littérature anglaise à l’ENS Ulm. Romanticiste, traducteur (Byron, Conrad, De Quincey, Ann Radcliffe), il est aussi l’auteur d’études critiques sur Salman Rushdie, Kazuo Ishiguro, Hanif Kureishi, etc. Il a co-dirigé la traduction des Œuvres de fiction de Robert Louis Stevenson en trois volumes pour la Bibliothèque de la Pléiade et a récemment préfacé un volume d’écrits de Joseph Conrad chez le même éditeur. Il avait signé un article sur « La méthode Serres », dans le Cahier de l’Herne sur Michel Serres, en 2010.

Ses publications sur AOC

vendredi 16.10.20

Critique

Une œuvre au noir – sur Walker de Robin Robertson

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Dans son roman-poème Walker, l’Écossais Robin Robertson fait flâner le protagoniste et le lecteur dans la Los Angeles des années 50, capitale du cinéma et du polar – « Capitale de la douleur », aussi. En effet, dans ce texte magnifique tout en éclats et en éclipses se révèlent les violences de l’Histoire, en particulier le traumatisme de la deuxième guerre mondiale et la brutalité de la ségrégation. Noir, telle est la couleur de cette écriture : noir du polar, noir de la nuit. Œuvre « au noir » enfin, car fruit d’une alchimie poétique sous le signe de la mort.

mercredi 29.07.20

Critique

Intelligence artificielle vs. intelligence romanesque – sur Une machine comme moi de Ian McEwan

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L’intelligence romanesque a-t-elle une chance de vaincre l’intelligence artificielle ? C’est le défi que relève Ian McEwan dans son dernier roman Une machine comme moi. Se démarquant de l’angoisse généralisée autour de la question robotique, l’écrivain britannique oriente plutôt sa réflexion au prisme de l’intime, livrant ainsi le récit captivant de la rivalité affective entre un romancier et son androïde fraichement acquis. Rediffusion du 6 février 2020.

mardi 21.07.20

Critique

La traduction est la continuation de la politique par d’autres moyens – à propos de Traduction et violence de Tiphaine Samoyault

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Il faut ne pas avoir froid aux yeux pour nous inviter à reconsidérer la soi-disant positivité de la traduction, ainsi que ses vertus censément d’hospitalité et de transparence. Il n’est pas donné à tout le monde d’envoyer promener l’éloge, la célébration, et de tenir pour quantité négligeable la confiance placée dans la réciprocité d’une langue à l’autre ou l’empathie susceptible de régner entre elles. De ce piège, Tiphaine Samoyault sort la tête haute en signant un manifeste décapant et incisif.

mercredi 10.06.20

Critique

En attendant Kafka, en attendant la décolonisation – sur K comme Kolonie de Marie-José Mondzain

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Dans K comme Kolonie. Kafka et la décolonisation de l’imaginaire, Marie-José Mondzain s’est intéressée à La Colonie pénitentiaire de Kafka, cette nouvelle où l’on découvre le monstrueux système judiciaire d’une colonie. Empruntant à la littérature, au cinéma, à l’histoire, la philosophe signe un essai « primesautier » et « jubilatoire », qui décolonise l’imaginaire du lecteur, et qui plaide pour toutes les décolonisations.

lundi 01.06.20

Critique

Confinement et coque de noix — sur Ian McEwan et Jean Pavans

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Au cœur de deux dispositifs littéraires distincts imaginés l’un par Ian McEwan et l’autre Jean Pavans, un scénario de « confinement » sans doute bien différent de celui que nous venons de traverser. Mais qui, via Shakespeare dans un cas et Baudelaire dans l’autre, éclaire d’une lueur ouvertement analytique les semaines qui viennent de s’écouler.