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Société

« Comparaison n’est pas raison » ? à propos des mobilisations pour George Floyd et Adama Traoré

Politiste

Ce samedi 6 juin, aux États-Unis comme en France, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé contre le racisme et les violences policières. Le parallèle entre les deux situations suscite toujours le scepticisme en France, où les commentateurs dénoncent volontiers l’importation de catégories inadéquates, de grilles d’analyse inadaptées, voire d’un communautarisme américain. Des travaux sociologiques ont pourtant montré ces dernières années la manière dont la race et l’ethnicité sont envisagées, modelées, travaillées par l’État et l’administration en France, à l’encontre du discours « color-blind ».

Le 25 mai 2020, George Floyd, un homme, Africain-Américain, meurt alors que Derek Chauvin, un policier blanc de la ville de Minneapolis, appuie son genou contre son cou. George Floyd est menotté, dit à plusieurs reprises qu’il ne peut respirer. Aucun des policiers présent ne réagit. Floyd meurt au bout de quelques minutes. La scène est filmée par une passante de 17 ans. La vidéo de la mort de cet homme fait le tour du pays et de la planète et suscite d’importantes manifestations réclamant justice pour George Floyd et la fin des violences policières. Le slogan « Black Lives Matter » ne quitte plus les tendances principales de Twitter.

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En France, les chaînes d’information en continu consacrent de larges segments à ces manifestations puis aux « émeutes » qu’elles suscitent. C’est dans ce contexte qu’est lancé l’appel à rassemblement du Comité « La Vérité pour Adama » qui réclame justice pour un jeune...

Audrey Célestine

Politiste, Maîtresse de conférence en sociologie politique et études américaines à l'Université de Lille