A Analyse

International

Nuremberg, La Haye, Minneapolis – sur l’état précaire de la justice internationale comme dispositif

Historien

En mars 2020, l’administration Trump s’est battue contre l’ouverture d’une enquête sur les agissements américains en Afghanistan, par la Cour Pénale Internationale à La Haye. Des procureurs internationaux ont immédiatement dénoncé un recul préoccupant par rapport aux développements de la justice pénale depuis Nuremberg. Il faut nuancer : les États-Unis ont toujours manifesté de la défiance vis à vis de cette institution, comme l’illustrent les nouvelles lois contre le racisme, rédigées après le meurtre de George Floyd, et qui évitent soigneusement toute référence au droit international.

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Les tensions récentes entre la Cour pénale internationale (CPI) et les États-Unis comme, dans un autre registre, la délicate qualification en droit interne des crimes racistes commis dans ce pays révèlent la fragilité de la justice pénale internationale (JPI) envisagée comme « dispositif » – c’est à dire comme opérateur d’internationalisation des normes judicaires et des causes militantes. En ce sens, le « moment Nuremberg » éclaire plus qu’on ne l’imagine ce dispositif instable, sur lequel pèsent durablement les défauts d’universalisation qui ont présidé à son émergence. En atteste la défi...

Guillaume Mouralis

Historien, Chargé de recherche au CNRS