« On veut un parcours sûr, pas un Parcoursup ! »
Bien qu’en France, comme en Europe, la « fin des grands récits » ait sonné, cette sorte de mythe qui se caractérisait par l’idée d’émancipation et de futur à faire advenir[1] n’en reste pas moins au cœur des revendications, parmi lesquelles l’orientation tient une place importante, Parcoursup en tête.

Si cette « effervescence collective » semble tenir lieu d’explosion cathartique, c’est précisément parce qu’elle rend compte de la société de l’incertitude[2], dont Parcoursup est devenu le symbole pour toute une génération soumise à la régulation des flux vers et dans l’enseignement supérieur, laquelle est organisée à travers des plateformes.
« On a un avenir à construire, pas à subir ! »
Depuis 60 ans, les modalités d’accès à l’enseignement supérieur se sont transformées sous l’effet des évolutions démographiques, de la relation entre formations et emplois, mais également de réformes modifiant tour à tour différents paramètres (développement du baccalauréat professionnel, création de nouveaux outils de gestion des procédures d’affectation, instauration des capacités d’accueil, etc.).
Ces réformes ont contribué à dessiner trois vagues de massification de l’enseignement supérieur, tout en participant d’une démocratisation ségrégative de l’accès à l’enseignement supérieur. L’accélération des réformes entre la deuxième moitié de la décennie 2010 et la deuxième moitié de la décennie 2020, durant laquelle les places augmentent moins vite que la population étudiante, s’est accompagnée d’un renforcement de la sélection à chacun des paliers[3], muant toujours plus la régulation des flux en véritable tri social.
« Désolé du dérangement, on veut sauver notre avenir »
Certes, les politiques volontaristes de ces 60 dernières années ont mené 80 % d’une génération au baccalauréat et près de deux tiers dans l’enseignement supérieur, mais cette démocratisation quantitative tend à cacher deux effets importants : la ségrégation socio-scolaire qui n’est que la conséquence d’un
