Bruno Karsenti

Philosophe, Directeur d’études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS)

Bruno Karsenti est né en 1966. Il a enseigné la philosophie des sciences sociales dans plusieurs universités, avant de rejoindre l’EHESS, où il est directeur d’études depuis 2006. Ses travaux portent sur les classiques des sciences sociales (Comte, Mauss, Durkheim, Tarde, Lévy-Bruhl…) et sur l’effet de cette forme de savoir sur l’expérience politique moderne (D’une philosophie à l’autre, Gallimard, 2013). Avec Cyril Lemieux, il a récemment contribué à redéfinir le socialisme dans son rapport à la sociologie (Socialisme et sociologie, éd. de l’EHESS). Il s’est aussi consacré à l’étude de la question juive, considérée comme prisme sur la modernité (La question juive des modernes, PUF, 2017). Il est membre de Laboratoire d’Études Interdisciplinaires sur les Réfléxivités (LIER-EHESS-CNRS), où il travaille en collaboration avec des historiens, des sociologues et des juristes.

Ses publications sur AOC

mercredi 24.02.21

Analyse

La ministre, la science et l’idéologie

par

En demandant au CNRS une enquête sur l’« islamo-gauchisme » à l’université, ce sont les sciences sociales que vise Frédérique Vidal, sous prétexte qu’elles seraient gangrénées par des idéologies. Mais faut-il rappeler qu’il y a des sciences sociales parce qu’il y a des idéologies ? Et que, si les sciences sociales ne se réduisent pas à un écho des idéologies, elles n’auraient à vrai dire aucun sens si elle ne se rapportaient pas à elles. En effet, il y a des sciences sociales parce qu’il y a des problèmes sociaux, et que ceux-ci sont traversés par des positionnements idéologiques.