Philippe Jarne

Écologue, Directeur de recherche au CNRS et membre du CEFE

Philippe Jarne est directeur de recherche au CNRS (DRCE) et travaille depuis 20 ans dans un des plus grands laboratoires d’écologie et biologie évolutive français, le Cefe (Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive). Agronome de formation, il développe depuis plus de 30 ans des recherches en biologie évolutive et des populations, mais aussi en biologie des invasions et en écologie. Il s’intéresse plus particulièrement à l’évolution de la reproduction et à la sélection sexuelle chez les animaux, avec un focus sur des espèces hermaphrodites.

Ces travaux sont menés essentiellement sur une base expérimentale, en utilisant des petits gastéropodes d’eau douce comme modèles biologiques. Ils s’appuient en particulier sur la méthode dite «  d’évolution expérimentale » qui vise à suivre des populations d’organismes, ici au laboratoire, en imposant à chaque génération un régime de sélection de façon à tester si les prédictions issues de modèles théoriques peuvent effectivement être reproduites, ou rejetées. Ces travaux font aussi une large utilisation de méthodes de génomique. Le deuxième volet des travaux portent sur la compréhension des déterminants des invasions biologiques et de la construction des communautés d’espèces, dans une perspective où écologie et évolution s’interlacent. La base de ces travaux est théorique (développement de modèles), et surtout est constituée de programmes de suivi au long terme (plusieurs décennies) de communautés d’escargots d’eau douce dans des centaines de sites des Antilles françaises.

L’ensemble est mené depuis plus de 25 ans avec Patrice David (directeur de recherche CNRS) et Jean-Pierre Pointier (maître de conférence EPHE). Plus récemment, il s’est aussi intéressé à des questions à la frontière entre philosophie et écologie, en particulier autour de la notion de prédiction, en collaboration avec Philippe Huneman et dans le cadre de la thèse de Solange Haas.

Ses publications sur AOC

vendredi 22.05.20

Analyse

Pourquoi l’épidémie ?

par , et

L’épidémie de Covid-19 était-elle « prévisible » ? Le 16 avril, Emmanuel Macron a réaffirmé que non. C’est faux, elle était même inexorable, selon les écologues et les biologistes. Cependant, l’écologie est une science complexe, et ses chaînes causales sont souvent contre-intuitives. Pour penser la pandémie et son rapport au vivant, il faut donc emprunter un chemin de réflexion évolutif et non-linéaire, le même, d’ailleurs, qui permet de penser la crise climatique.