C Critique

Exposition

« Enfers et fantômes d’Asie » – ce fut comme une apparition

écrivain

Audacieuse exposition présentée au musée du Quai Branly, « Enfers et fantômes d’Asie » entremêle, superpose, juxtapose, dans une scénographie diaboliquement bien composée, films, estampes, statues, amulettes, hologrammes, planches de manga, rouleaux sacrés ou sculptures grandeur nature pour traquer toute une théorie de figures spectrales.

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La haine n’est pas le contraire de l’amour. Nos morts en savent quelque chose. La haine et l’amour qui les attachent à nous et nous maintiennent attachés à eux les transforment parfois en fantômes. L’angoisse ou l’envie de voir revenir les disparus parmi les vivants nous rappelle que fantôme et fantasme ont une étymologie commune, φάντασμα (phantasma) – un fantasme est un spectre qui vient border un trou. Les morts voyagent vite. Ils traversent les murs et se jouent des frontières psychiques et géographiques. Mais si chacun d’entre nous doit, au cours de son existence, négocier avec ses fantômes – qu’ils soient ceux de nos morts ou celui d’un être aimé, encore vivant, dont on a perdu l’amour mais qui continue à nous hanter –, les modes d’apparition des figures spectra...

Sarah Chiche

écrivain, psychologue clinicienne et psychanalyste