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En attendant le ruissellement, quels moyens pour les quartiers populaires ?

Sociologue

Grande oubliée de l’élection présidentielle, la politique de la ville vient de revenir dans le jeu à la faveur de la récente remise du rapport Borloo. Mais le très médiatique gimmick d’un clivage entre supposés « territoires perdus » et non moins hypothétiques « territoires oubliés » de la République a laissé des traces durables et il faudra attendre les annonces du président de la République, prévues le 22 mai, pour apprécier la volonté ou non de changer le sort des banlieues.

En annonçant le 14 novembre dernier qu’il confiait à Jean-Louis Borloo l’élaboration d’un Plan de mobilisation nationale en faveur des quartiers, Emmanuel Macron espérait sans doute désamorcer le mouvement de protestation des maires de banlieue qui avaient lancé l’appel de Grigny un mois plus tôt, dans lequel ils demandaient une mobilisation massive et urgente de l’État en faveur des territoires cumulant les difficultés sociales. Si tel était l’objectif, l’opération s’est avérée infructueuse. Initialement prévue pour la mi-février, la remise du rapport de l’ancien maire de Valenciennes a été plusieurs fois repoussée, ce qui a renforcé le sentiment d’abandon des élus locaux et des associations impliqués dans son élaboration. Leurs appels à l’aide se sont exprimés avec une intensité dramatique et une visibilité médiatique croissantes, qui ont culminé avec la démission du maire de Sevran, Stéphane Gatignon.

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La remise du rapport t...

Renaud Epstein

Sociologue, maître de conférence en science politique à Sciences Po Saint Germain en Laye