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Théâtre

L’hymne à la joie – sur le Fanny et Alexandre de Julie Deliquet

critique

Pour mettre en scène Fanny et Alexandre, Julie Deliquet a eu une idée aussi simple que juste, évidente  : transformer le texte de Bergman, à l’origine roman-scénario et longue série télévisée, en un hommage au théâtre. Revenir à cet art ancien, délesté de l’appareillage technique et industriel que porte avec lui le cinéma. Dégager d’une œuvre que son auteur avait déjà exploitée sous de multiples formes une pièce simple, en deux temps, deux grands actes accompagnés de quelques tours de passe-passe.

Commémorations, centenaires de naissance, de mort, ces grandes célébrations officielles courent le risque d’une unanimité excessive et d’une forme de pétrification. Et si c’était faux ? Ni le calendrier ni l’institution n’entravent la création, l’entrain et l’intelligence artistique, trois qualités qui caractérisent la dernière entrée au répertoire de la Comédie-française : Fanny et Alexandre, d’Ingmar Bergman. Confier à une jeune metteure en scène la reprise du film-testament d’un des plus grands maîtres du septième art était un pari fou. Julie Deliquet l’a relevé, la jeune fille a défié la mort.

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Ingmar Bergman est né le 14 juillet 1918, il est mort en 2007, à 89 ans, et il a laissé à tous une œuvre théâtrale et cinématographique immense, plusieurs livres et plusieurs scénarios. Il est à la culture suédoise ce que Fellini est à la culture italienne, un artiste qui a fixé sur la pellicule des images et des visages éternels, des couleurs et des noirs et blancs sublimes, ils sont très peu à atteindre à cette hauteur-là. Fellini a puisé d...

Cécile Dutheil de la Rochère

critique, éditrice et traductrice