Cécile Dutheil de la Rochère

critique, éditrice et traductrice

Cécile Dutheil de la Rochère est une ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure (Ulm-Sèvres) qui a commencé sa vie professionnelle chez Gallimard où elle fut, entre autres, éditrice pour la collection Découvertes-Gallimard et lectrice pour celle « Du Monde entier ». Elle a suivi ensuite d’autres rives qui l’ont menée vers la traduction et la critique littéraire (En attendant Nadeau et Le Monde des Livres).

Ses publications sur AOC

mercredi 24.02.21

Critique

Poésie de part et d’autre – sur La Conversation transatlantique d’Abigail Lang

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Dans les années 1960, alors que le surréalisme jette ses derniers feux, des poètes français comme Emmanuel Hocquard, Claude Royet-Journoud, Anne-Marie Albiach ou encore Jacques Roubaud tendent l’oreille vers leurs confrères américains nommés objectivistes, sensibles à la réalité dans ce qu’elle a de plus matériel et prosaïque. C’est l’histoire de cette « conversation transatlantique » que retrace Abigail Lang dans son récent ouvrage, aussi rigoureux que plaisant. Car elle analyse autant qu’elle décrit. Elle n’écrit pas après les poètes, mais avec eux. Elle les accompagne.

mardi 26.01.21

Critique

Quand l’immortalité tient à quelques tessons – sur La Nuit des orateurs d’Hédi Kaddour

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Quittant le grand parc du roman contemporain du « réel », le nouveau livre d’Hédi Kaddour se déroule sous la Rome antique, manière de s’interroger sur les vestiges de cet héritage lointain. Il y a de l’archéologie dans cette démarche. On retrouve ainsi un goût pour l’érudition et pour les sonorités latines, non sans humour parfois. Mais, surtout, il appartient à l’écrivain d’exercer son imagination pour combler les zones grises et les blancs historiques.

lundi 21.12.20

Critique

Une femme seule – à propos de deux récits autobiographiques de Deborah Levy

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Une réflexion aiguë sur la condition féminine parcourt les deux récits autobiographiques de Deborah Levy, Ce que je ne veux pas savoir et Le Coût de la vie. Tantôt silencieuse, tantôt percutante, elle déchire le rideau de ce que l’écrivaine appelle le « récit patriarcal » – ainsi que le texte lui-même, à coups de blancs typographiques. Néanmoins, il ne faudrait pas lire ces livres comme des manifestes féministes, mais plutôt comme des contes, qui suscitent un sentiment d’humanité universelle et de liberté acquise coûte que coûte, un goût de sirop acidulé. Rediffusion du 5 octobre 2020.

lundi 05.10.20

Critique

Une femme seule – à propos de deux récits autobiographiques de Deborah Levy

par

Une réflexion aiguë sur la condition féminine parcourt les deux récits autobiographiques de Deborah Levy, Ce que je ne veux pas savoir et Le Coût de la vie. Tantôt silencieuse, tantôt percutante, elle déchire le rideau de ce que l’écrivaine appelle le « récit patriarcal » – ainsi que le texte lui-même, à coups de blancs typographiques. Néanmoins, il ne faudrait pas lire ces livres comme des manifestes féministes, mais plutôt comme des contes, qui suscitent un sentiment d’humanité universelle et de liberté acquise coûte que coûte, un goût de sirop acidulé.

mardi 16.06.20

Critique

Deux agitateurs des lettres françaises – à propos de Iegor Gran et Éric Chevillard

par

Nés la même année, l’un à Moscou, l’autre à la Roche-sur-Yon. Qu’ont en commun Iegor Gran et Eric Chevillard ? Ils partagent le goût du burlesque et contournent/subvertissent le genre autobiographique. Au lecteur, proposons un petit exercice : extraire le segment de phrase « ma formidable volonté existentialiste de choix et de décision » de Chevillard, pour l’intégrer au récit de Gran qui se déroule dans un pays et en un temps où la liberté est niée.